Perspectives d'investissement 2023

Synthèse

L’année 2022 restera comme l’une des plus éprouvantes pour les investisseurs

L’année écoulée a été rude pour les investisseurs. Certes, le resserrement des politiques monétaires n’a guère surpris, mais il s’est révélé bien plus prononcé et préjudiciable qu’attendu pour de nombreuses classes d’actifs. La fébrilité des marchés s’explique principalement par ce resserrement effréné en réponse aux pressions inflationnistes et par la guerre en Ukraine. Autre écueil : la politique zéro COVID de la Chine qui a entraîné l’économie du pays bien en deçà des estimations. Difficile de trouver un refuge dans un climat d’aversion au risque. En atteste la très mauvaise performance des bons du Trésor américain, pourtant considérés comme l’un des actifs les plus sûrs. La volatilité sur les marchés à revenu fixe a atteint des niveaux dignes d’une crise et elle est demeurée très élevée sur une grande partie de l’année. Cette tension s’est propagée aux autres classes d’actifs. Or, en raison de la corrélation importante entre les actions et les obligations, la diversification n’est pas parvenue à offrir une bonne protection face aux pertes des portefeuilles.

Le rythme effarant du durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale

L’année 2022 restera dans les annales comme celle de la fin de l’ère de politiques monétaires extrêmement accommodantes. Depuis la grande crise financière, les principales banques centrales avaient abaissé leurs taux d’intérêt à zéro, voire avaient maintenu des taux négatifs. Les investisseurs escomptaient bel et bien une hausse des taux d’intérêt et une réduction du bilan des autorités monétaires en 2022. Toujours est-il qu’ils n’étaient pas préparés à ce qu’il allait réellement advenir. En seulement quelques mois, la Réserve fédérale est passée d’une politique très accommodante à une politique restrictive. Les taux ont été relevés rapidement, d’abord de 0,25% en mars, puis de 0,75% quatre fois consécutives lors des réunions du FOMC tenues entre juin et novembre. La banque centrale américaine a donc relevé ses taux de 4,25% au total en 2022, pour atteindre une fourchette de 4,25% à 4,50%. D’autres grandes banques centrales ont suivi une trajectoire similaire, quoique pas au même rythme. Les décisions et annonces les plus récentes concernant les taux d’intérêt des principales autorités monétaires confirment leur position intransigeante et leur détermination à juguler l’inflation.

L’attention des investisseurs restera concentrée sur l’inflation et l’actualité géopolitique

La croissance du PIB devrait marquer le pas en 2023 et le risque que l’économie mondiale entre en récession est élevé.
Les prévisions de croissance concernant les États-Unis et l’Europe sont très faibles, quand elles ne sont pas négatives. Le rythme de la décélération de l’inflation et la trajectoire des hausses des taux d’intérêt seront des déterminants majeurs. La tâche des banques centrales à l’échelle mondiale est extrêmement ardue et les risques d’une erreur politique néfaste sont plus importants qu’à l’accoutumée. Les perspectives économiques pourraient néanmoins être soutenues par une réouverture adroite de l’économie chinoise. Des menaces importantes pèsent sur la scène géopolitique. Les sources de tensions à l’échelle mondiale sont nombreuses, mais l’on ne peut exclure la possibilité de bonnes nouvelles inattendues (sans pour autant retenir notre souffle).

Nous maintenons une allocation d’actifs prudente compte tenu du climat d’incertitude

Le durcissement des politiques monétaires a effacé certaines distorsions et certains excès observés les années précédentes sur les marchés. Les fondamentaux devraient avoir plus
d’importance alors que l’ère des taux d’intérêt bas touche à sa fin. Les valorisations de la plupart des classes d’actifs se sont redressées, mais les incertitudes demeurent sur de nombreux sujets. Malgré leur détérioration l’an dernier, les actions rencontrent toujours des difficultés. C’est ce qui explique, en grande partie, le maintien de notre surpondération en faveur des stratégies alternatives et le renforcement récent de notre exposition aux actifs à revenu fixe compte tenu d’un meilleur profil risque/rendement.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • REVUE DE NOS THÈMES D’INVESTISSEMENT 2022
  • SITUATION ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE EN 2022
  • LES MARCHÉS FINANCIERS EN 2022
  • PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES EN 2023
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS FINANCIERS EN 2023
  • ALLOCATION D’ACTIFS EN 2023

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Perspectives 2022 | Analyse semestrielle et prévisions

Synthèse

L’économie tourne brusquement au ralenti et la visibilité fait défaut

L’économie mondiale connaît un ralentissement. Les prévisions de croissance du PIB du début d’année ont été significativement revues à la baisse. Guerre en Ukraine, confinements en Chine, perturbations des chaînes d’approvisionnement et politiques monétaires restrictives, autant de facteurs qui ont ébranlé l’activité économique et brisé les espoirs d’une reprise post-COVID solide et inscrite dans la durée. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est venue exacerber des tensions créées par la pandémie, notamment des goulets d’étranglement en matière d’approvisionnement et le net renchérissement de nombreuses matières premières. Les pressions inflationnistes se révèlent bien plus persistantes qu’anticipé par les banques centrales. La Banque mondiale prévoit désormais une croissance mondiale de 2,9 % seulement en 2022, contre une estimation de 4,1 % il y a six mois. Les difficultés pour l’économie sont encore plus nombreuses qu’escompté en début d’année et les risques de récession continuent à croître.

Le durcissement des conditions financières va se prolonger

Les banques centrales sont revenues il y a peu à une politique franchement plus restrictive. Et les marchés d’anticiper le cycle de resserrement le plus agressif et synchronisé depuis l’ère Volcker au début des années 1980. Elles ont mis du temps à réaliser que leurs prévisions d’inflation étaient manifestement erronées et s’évertuent désormais à se rattraper. Les rendements des obligations souveraines des pays du G-7 ont grimpé à un rythme sans précédent. Une augmentation des rendements était certes anticipée, mais la vitesse du revirement monétaire des banques centrales, Réserve fédérale américaine en tête, a secoué les marchés. En janvier, ceux-ci tablaient seulement sur trois hausses des taux de la Fed de 0,25 % en 2022, pour atteindre 0,75 %. Un mois plus tard, les relèvements à intégrer étaient au nombre de cinq, à 1,25 %, niveau revu à la hausse à 2,5 % dès mars ! Les prévisions actuelles concernant les taux des Fed funds à fin 2022 sont proches de 3,5 % et le taux définitif devrait s’établir à 4 % en 2023. Les marchés ont aussi modifié leurs prévisions concernant la BCE. Aucune hausse des taux directeurs n’était attendue pour 2022 en janvier ; leur chiffre est désormais porté à cinq à la date de rédaction, pour atteindre 1 % fin 2022.

Les marchés financiers demeureront vraisemblablement volatils au deuxième semestre

Le premier semestre 2022 a eu l’effet d’une douche froide pour les marchés d’actions et obligataires. Les sociétés ont enregistré des résultats solides au premier trimestre et les bénéfices à venir semblent prometteurs jusqu’ici. Et pourtant, les actions ont chuté en réponse au durcissement de ton des grandes banques centrales. La détérioration des valorisations, tendance observée depuis fin 2020, s’est poursuivie en 2022, car les résultats en progression s’accompagnent de cours en baisse. Les augmentations des rendements de la dette souveraine se sont accélérées et les spreads de crédit se sont considérablement écartés. Les grands indices obligataires accusent une baisse d’environ 15 %, une chute vertigineuse pour cette classe d’actifs. Les investisseurs doivent constamment revoir leurs attentes concernant la politique des principales banques centrales, d’où une volatilité importante. Compte tenu du degré élevé d’incertitude, liée à une conjoncture économique et géopolitique délicate, les marchés financiers devraient rester volatils à court terme.

Le positionnement des portefeuilles est désormais plus défensif

Notre portefeuille se veut à présent plus défensif. L’allocation en actions est neutre, nous sommes surexposés aux stratégies alternatives et sous-exposés aux actifs à revenu fixe, classe dont le niveau de duration est par ailleurs faible. Pour les portefeuilles non libellés en USD, la position sur le dollar américain a été renforcée, dans une optique défensive. Notre exposition aux actions reste bien diversifiée et certaines stratégies axées sur les valeurs de croissance ont été remplacées par des stratégies plus défensives. Cet arbitrage s’est révélé fructueux à ce stade. Nous estimons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte et que les marchés sont excessivement déprimés. Dans cette conjoncture, les stratégies plus défensives devraient continuer à surperformer. Il s’agit des sociétés moins exposées aux variations cycliques de l’économie, des actifs réels, du secteur de la santé, des titres « value » et de croissance de qualité. Nous apprécions également la décorrélation des actions des marchés frontières, d’autant que leurs valorisations n’ont rien perdu de leur attrait. Dans la section suivante, nous analyserons l’environnement macroéconomique et les conditions financières actuelles à partir de plusieurs indicateurs clés qui nous servent de marqueurs. Nous ferons tout d’abord le point sur la rentabilité des différentes classes d’actifs au premier semestre avant de présenter nos prévisions pour le marché et notre allocation d’actifs.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • L’ENVIRONNEMENT MACROÉCONOMIQUE
  • LES CONDITIONS FINANCIÈRES
  • LES MARCHÉS FINANCIERS
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS
  • ALLOCATION D’ACTIFS POUR LE 2e SEMESTRE 2022

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Perspectives d'investissement 2022

Synthèse

Les actifs à risque ont été à nouveau bien orientés en 2021

Moins perturbante pour les investisseurs que 2020, l’année écoulée aura tout de même été mouvementée. Les marchés ont bien résisté dans l’ensemble, sans grands changements de tendances. Les diverses classes d’actifs ont évolué comme attendu : hausse des marchés d’actions, resserrement des spreads de crédit et progression des rendements obligataires. La surprise est venue de l’appréciation du dollar américain et aussi de la forte sous-performance des marchés émergents, à cause surtout du durcissement réglementaire en Chine et de difficultés politiques en Amérique latine.

La croissance bénéficiaire des entreprises a même été plus robuste que prévu. Les cours des actions ont donc monté dans les marchés développés et les valorisations se sont tassées. Comme en 2020, les rotations entre styles d’investissement et secteurs ont été des plus patentes et la surperformance des titres «Value» du début d’année a été progressivement récupérée. Les gains supérieurs à la moyenne des méga-capitalisations américaines ont aussi été remarquables et les gérants actifs ont eu du mal à faire mieux que les rendements des indices.

Les banques centrales confrontées à des problématiques majeures

L’année qui démarre va mettre les banquiers centraux à l’épreuve. Il leur faudra trouver un juste équilibre entre lutter contre les pressions inflationnistes, qu’ils ont sous-estimées, et ne pas retirer trop rapidement les liquidités injectées dans l’économie. Compte tenu de l’évolution imprévisible de la pandémie, leur tâche s’annonce ardue. La Réserve fédérale américaine a expliqué avec moins de détours que la Banque centrale européenne ses intentions de mettre fin à son programme de rachats d’actifs, puis de relever ses taux d’intérêt.

Cette levée progressive est attendue en mars et la Fed doit encore décider du calendrier de la hausse des taux des Fed funds. Trois relèvements de 0,25% sont prévus en 2022 à partir du taux directeur actuel compris entre 0% et 0,25%. L’annonce de la Fed a contribué à limiter la volatilité du marché, tout au moins jusqu’ici. Cependant, une erreur de politique monétaire pourrait facilement ébranler la confiance et entraîner une correction des prix des actifs.

Les marchés susceptibles de regarder au-delà de la menace de nouveaux variants de COVID-19

L’économie mondiale devrait croître de 4,9% en 2022 d’après le FMI, un taux qui demeure supérieur à la moyenne alors que la reprise se poursuit. Les poussées répétées de coronavirus ont débouché sur des économies intermittentes et les États du monde entier espèrent une reprise plus régulière cette année, avec résorption des goulets d’étranglement sur la chaîne d’approvisionnement. Les marchés de capitaux se sont redressés très rapidement à chaque nouvelle découverte d’un variant de la COVID-19, après de brefs épisodes de volatilité accrue. Ce comportement devrait persister sur les marchés, surtout si les nouvelles souches se révèlent nettement moins virulentes, comme dans le cas du variant Omicron.

Les actions restent notre classe d’actifs préférée malgré un potentiel d’appréciation moindre

Les actions seront, d’après nous, le principal moteur de la performance des portefeuilles cette année. Avec des taux de croissance attendus entre 10% et 15% à l’échelle mondiale, les bénéfices porteront cette classe d’actifs, dont les valorisations ne devraient guère décoller depuis leurs niveaux actuels. Nous anticipons des rentabilités plus modestes pour nos portefeuilles en 2022. Il est peu probable, en effet, que les actions égalent leurs performances de 2021. De même, le contexte reste difficile pour les actifs obligataires du fait que les grandes banques centrales durcissent leur politique pour lutter contre de fortes pressions inflationnistes.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • REVUE DE NOS THÈMES D’INVESTISSEMENT 2021
  • SITUATION ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE EN 2021
  • LES MARCHÉS FINANCIERS EN 2021
  • PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES EN 2022
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS FINANCIERS EN 2022
  • ALLOCATION D’ACTIFS EN 2022

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