Lettre mensuelle | mai 2022

LES OBLIGATIONS GLOBALES ONT CONNU LEUR PLUS FORTE BAISSE MENSUELLE

– 13.3% UN MOIS D’AVRIL TORRIDE POUR L’INDICE NASDAQ COMPOSITE

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Le mois d’avril a été brutal pour les marchés financiers. Dans un contexte où la hausse des rendements obligataires s’est poursuivie à un rythme rapide et où l’appréciation du dollar américain s’est accélérée, les marchés d’actions et obligataires ont tous deux fortement baissé. L’indice MSCI World en devises locales a plongé de 7 %, en raison surtout de la faible performance des actions US. L’indice Bloomberg Global-Aggregate Total Return, un indice obligataire large, a perdu 5,5% et a enregistré sa plus forte baisse mensuelle depuis sa création en 1990. Les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont augmenté de 60bps pour terminer le mois d’avril à 2,94%, et les rendements des Bunds à échéance similaire sont passés à 0,94%, soit une augmentation de 39bps ; le crédit et la dette des marchés émergents ont également été affectés par un écartement de leurs spreads. La force du dollar américain s’est traduite par une dépréciation de 4,7% de la parité EUR/USD à 1,055, un niveau observé pour la dernière fois il y a plus de cinq ans.

Les principaux moteurs des marchés en avril ont été l’attitude de plus en plus restrictive de la Réserve fédérale, ainsi que la publication des résultats du 1er trimestre. Les marchés tablent désormais sur une hausse des taux de 0.5% en mai, et des hausses de même ampleur devraient également être annoncées lors des réunions suivantes. Plus de 80% de la capitalisation boursière du S&P 500 ayant rapporté leurs résultats, ceux-ci dépassent les attentes de 6,5% et 77 % des entreprises surpassent les prévisions. Ces résultats solides n’ont pas empêché les actions américaines d’être malmenées en avril. Certaines valeurs vedettes de ces dernières années, qui avaient largement contribué à la forte surperformance des actions américaines relativement à d’autres régions, ont subi une dévalorisation importante. Les investisseurs ont sanctionné des entreprises à forte croissance telles que Netflix, qui a vu ses abonnés chuter pour la première fois en dix ans. Une baisse des prévisions de vente de la part d’Amazon, des contraintes d’approvisionnement pour Apple et des bénéfices décevants de la part d’Alphabet ne sont que quelques-unes des raisons de la mauvaise performance des actions de ces sociétés en avril.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Nous maintenons l’allocation actuelle de nos portefeuilles dans un contexte de marché très déprimé. L’indice « Fear & Greed » est en territoire de peur, tandis que l’indice AAII Bull/Bear affiche le plus haut niveau de pessimisme depuis mars 2009. Les investisseurs restent confrontés à un niveau d’incertitude très élevé sur un certain nombre de facteurs, et les marchés sont devenus trop réactifs et enclins à de fortes fluctuations. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la Réserve fédérale vient de procéder à une hausse de 0.5% de son taux de référence, comme prévu, mais les actions US ont grimpé de 3% après que Jerome Powell a exclu la possibilité d’une hausse de 0.75% lors d’une réunion ultérieure. Cette réaction semble exagérée mais reflète le niveau actuel de bruit dans les marchés et nous préférons investir à long terme plutôt que de réagir à ces mouvements quotidiens.

Le mois d’avril a été un autre mois très difficile pour les actifs obligataires, mais nous pourrions approcher un point où les perspectives paraissent plus favorables pour la classe d’actifs. Une grande partie de l’ajustement des taux sans risque a déjà eu lieu, compte tenu du resserrement anticipé des banques centrales, et les perspectives du crédit restent favorables.

DU FAIT D’UN SENTIMENT DÉPRIMÉ, LES MARCHÉS POURRAIENT REBONDIR À COURT TERME

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois d’avril aura été négatif pour les performances des portefeuilles. Les classes d’actifs en actions et en obligations ayant enregistré des pertes mensuelles, l’environnement de marché s’est avéré très difficile. Les principaux détracteurs ont été le fonds multi-thématique, les petites capitalisations américaines, le fonds technologique, les actions japonaises et chinoises, et les petites capitalisations européennes. Le fonds d’actions mondiales récemment ajouté, investissant dans des sociétés aux rendements stables, a bien résisté, tout comme certaines expositions aux marchés émergents. Dans la classe d’actifs obligataires, les pertes de nos expositions ont généralement été inférieures à celles de leurs indices de référence, même si le fonds à duration plus longue a évidemment été durement impacté par la hausse rapide des taux.

Sur une note plus optimiste, les stratégies alternatives ont continué à bien se tenir et à remplir leur rôle de diversification au sein des portefeuilles. Plusieurs « hedge funds » ont apporté des contributions positives, en particulier la stratégie CTA de suivi de tendance, grâce à son importante exposition courte aux taux. Pour les portefeuilles non libellés en USD, l’appréciation du dollar américain a également contribué positivement à la performance.

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