Perspectives 2022 | Analyse semestrielle et prévisions

Synthèse

L’économie tourne brusquement au ralenti et la visibilité fait défaut

L’économie mondiale connaît un ralentissement. Les prévisions de croissance du PIB du début d’année ont été significativement revues à la baisse. Guerre en Ukraine, confinements en Chine, perturbations des chaînes d’approvisionnement et politiques monétaires restrictives, autant de facteurs qui ont ébranlé l’activité économique et brisé les espoirs d’une reprise post-COVID solide et inscrite dans la durée. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est venue exacerber des tensions créées par la pandémie, notamment des goulets d’étranglement en matière d’approvisionnement et le net renchérissement de nombreuses matières premières. Les pressions inflationnistes se révèlent bien plus persistantes qu’anticipé par les banques centrales. La Banque mondiale prévoit désormais une croissance mondiale de 2,9 % seulement en 2022, contre une estimation de 4,1 % il y a six mois. Les difficultés pour l’économie sont encore plus nombreuses qu’escompté en début d’année et les risques de récession continuent à croître.

Le durcissement des conditions financières va se prolonger

Les banques centrales sont revenues il y a peu à une politique franchement plus restrictive. Et les marchés d’anticiper le cycle de resserrement le plus agressif et synchronisé depuis l’ère Volcker au début des années 1980. Elles ont mis du temps à réaliser que leurs prévisions d’inflation étaient manifestement erronées et s’évertuent désormais à se rattraper. Les rendements des obligations souveraines des pays du G-7 ont grimpé à un rythme sans précédent. Une augmentation des rendements était certes anticipée, mais la vitesse du revirement monétaire des banques centrales, Réserve fédérale américaine en tête, a secoué les marchés. En janvier, ceux-ci tablaient seulement sur trois hausses des taux de la Fed de 0,25 % en 2022, pour atteindre 0,75 %. Un mois plus tard, les relèvements à intégrer étaient au nombre de cinq, à 1,25 %, niveau revu à la hausse à 2,5 % dès mars ! Les prévisions actuelles concernant les taux des Fed funds à fin 2022 sont proches de 3,5 % et le taux définitif devrait s’établir à 4 % en 2023. Les marchés ont aussi modifié leurs prévisions concernant la BCE. Aucune hausse des taux directeurs n’était attendue pour 2022 en janvier ; leur chiffre est désormais porté à cinq à la date de rédaction, pour atteindre 1 % fin 2022.

Les marchés financiers demeureront vraisemblablement volatils au deuxième semestre

Le premier semestre 2022 a eu l’effet d’une douche froide pour les marchés d’actions et obligataires. Les sociétés ont enregistré des résultats solides au premier trimestre et les bénéfices à venir semblent prometteurs jusqu’ici. Et pourtant, les actions ont chuté en réponse au durcissement de ton des grandes banques centrales. La détérioration des valorisations, tendance observée depuis fin 2020, s’est poursuivie en 2022, car les résultats en progression s’accompagnent de cours en baisse. Les augmentations des rendements de la dette souveraine se sont accélérées et les spreads de crédit se sont considérablement écartés. Les grands indices obligataires accusent une baisse d’environ 15 %, une chute vertigineuse pour cette classe d’actifs. Les investisseurs doivent constamment revoir leurs attentes concernant la politique des principales banques centrales, d’où une volatilité importante. Compte tenu du degré élevé d’incertitude, liée à une conjoncture économique et géopolitique délicate, les marchés financiers devraient rester volatils à court terme.

Le positionnement des portefeuilles est désormais plus défensif

Notre portefeuille se veut à présent plus défensif. L’allocation en actions est neutre, nous sommes surexposés aux stratégies alternatives et sous-exposés aux actifs à revenu fixe, classe dont le niveau de duration est par ailleurs faible. Pour les portefeuilles non libellés en USD, la position sur le dollar américain a été renforcée, dans une optique défensive. Notre exposition aux actions reste bien diversifiée et certaines stratégies axées sur les valeurs de croissance ont été remplacées par des stratégies plus défensives. Cet arbitrage s’est révélé fructueux à ce stade. Nous estimons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte et que les marchés sont excessivement déprimés. Dans cette conjoncture, les stratégies plus défensives devraient continuer à surperformer. Il s’agit des sociétés moins exposées aux variations cycliques de l’économie, des actifs réels, du secteur de la santé, des titres « value » et de croissance de qualité. Nous apprécions également la décorrélation des actions des marchés frontières, d’autant que leurs valorisations n’ont rien perdu de leur attrait. Dans la section suivante, nous analyserons l’environnement macroéconomique et les conditions financières actuelles à partir de plusieurs indicateurs clés qui nous servent de marqueurs. Nous ferons tout d’abord le point sur la rentabilité des différentes classes d’actifs au premier semestre avant de présenter nos prévisions pour le marché et notre allocation d’actifs.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • L’ENVIRONNEMENT MACROÉCONOMIQUE
  • LES CONDITIONS FINANCIÈRES
  • LES MARCHÉS FINANCIERS
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS
  • ALLOCATION D’ACTIFS POUR LE 2e SEMESTRE 2022

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