Lettre mensuelle | Février 2023

LES MARCHÉS COMMENCENT L’ANNÉE EN FORTE HAUSSE

+ 10.7% LA HAUSSE DU NASDAQ COMPOSITE EN JANVIER

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Les marchés financiers ont démarré l'année 2023 de manière très positive, les investisseurs estimant que la probabilité d'un atterrissage en douceur augmentait malgré le ton restrictif de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne. Dans cet environnement favorable au risque, la grande majorité des marchés d'actions ont enregistré des gains mensuels supérieurs à la moyenne, les rendements à long terme ont baissé, les spreads de crédit se sont resserrés et le dollar US a continué de se déprécier. L'indice MSCI World en devises locales a progressé de 6,4%, l'indice Euro Stoxx 50 de 9,7% et l'indice Hang Seng de 10,4%. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a baissé de 36pbs, à 3.51%, tandis que les spreads de crédit à haut rendement américains et européens se sont contractés de 49pbs et de 68pbs respective-ment. Le prix de l’or s’est également fortement apprécié, ainsi que ceux des métaux industriels, en raison de l'anticipation d'un regain de la demande chinoise. De manière peut-être un peu surprenante, les prix du pétrole ont terminé le mois en baisse, malgré le soutien de la réouverture de la Chine, tandis que les prix du gaz ont continué à glisser à un rythme rapide.

À l'heure de rédiger ces lignes, la Réserve fédérale vient de relever ses taux directeurs de 0.25%, comme prévu. L’aspect le plus pertinent de la réunion du FOMC a été les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, sur l'orientation future de la politique de la banque centrale. Powell a répété que de nouvelles hausses de taux étaient nécessaires et que des baisses de taux au second semestre étaient peu probables. Cela va à l'encontre des attentes des marchés qui prévoient deux baisses de taux d'ici à la fin de 2023. Ce qui a été plus surprenant, c'est que Powell ne s’est pas davantage soucié du récent assouplissement des conditions financières, conduisant ainsi les marchés à prolonger leur rallye de début d'année, les actions terminant la séance en hausse et les taux en baisse. La BCE et la Banque d'Angleterre ont également répondu aux attentes du marché en relevant leurs taux d'intérêt de 0.5%. La BCE a signalé son intention de relever ses taux de 0.5% supplémentaire en mars et d’ensuite ajuster sa politique en fonction des données. Comme ce fût le cas après la décision de la Fed, les marchés d’actions ont poursuivi leurs hausses et les rendements obligataires ont baissé de manière sensible.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Notre allocation d'actifs se compose d'une sous-pondération aux actions, d'une allocation aux obligations proche du point neutre et d'une surpondération aux hedge funds. En raison de la forte hausse des actions en janvier, nous maintenons cette allocation à ce stade. Nous craignons que les marchés ne fassent preuve d’un excès de confiance quant à leurs perspectives relatives aux politiques monétaires et à l'évolution des bénéfices. Du fait que les obligations offrent à nouveau des rendements positifs, nous pensons qu'il est plus judicieux de détenir des portefeuilles plus équilibrés, et de ne plus compter uniquement sur les actions pour générer de la performance. Il est également rassurant de constater que les valorisations actuelles de certains actifs traditionnels offrent un meilleur point de départ pour les rendements futurs des portefeuilles qu'il y a un an, lorsque seuls quelques-uns d'entre eux pouvaient être considérés comme bon marché.

Pour les portefeuilles non libellés en USD, notre allocation au dollar US reste sous-pondérée et nous patientons avant de la réduire davantage. Dans une perspective à moyen et long terme, nous nous attendons à ce que le dollar se déprécie, mais il continue à offrir des qualités défensives au cas où les marchés se retourneraient.

LES MARCHÉS SONT DE PLUS EN PLUS POSITIONNÉS POUR UN ATTERRISSAGE EN DOUCEUR DE LÉCONOMIE

 

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Janvier a été un bon mois pour les portefeuilles. Du fait de la hausse simultanée des actions et des obligations, la majorité des fonds ont contribué à la performance, comme on pouvait s'y attendre. Les actions européennes « value », les actions minières, le fonds technologie, le fonds « value » US, et les actions chinoises ont fourni les meilleures contributions au sein de la classe d'actifs actions, le seul détracteur ayant été le fonds sur la santé, les secteurs les plus défensifs ayant ter-miné le mois en baisse. Les meilleures performances de la classe d'actifs obligataires ont été le crédit des marchés émergents et le fonds investment-grade à longue duration. Dans l'espace alternatif, le fonds Global Macro a performé le mieux, tandis que l'un des fonds d'actions long/short, avec une exposition nette à peine positive actuellement, a terminé le mois en légère baisse. Les autres stratégies alternatives n'ont apporté que des contributions marginales.

Après une année difficile pour de nombreuses stratégies, nous sommes convaincus que les gérants actifs seront à même de générer davantage d'alpha en 2023. Nous nous at-tendons à ce que la dispersion des marchés soit élevée et représente un environnement favorable pour les bons « stock-pickers ». Cette grande dispersion devrait également profiter aux gérants de hedge funds, et nous sommes à l'aise avec notre surpondération de ces stratégies alternatives.

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Perspectives d'investissement 2023

Synthèse

L’année 2022 restera comme l’une des plus éprouvantes pour les investisseurs

L’année écoulée a été rude pour les investisseurs. Certes, le resserrement des politiques monétaires n’a guère surpris, mais il s’est révélé bien plus prononcé et préjudiciable qu’attendu pour de nombreuses classes d’actifs. La fébrilité des marchés s’explique principalement par ce resserrement effréné en réponse aux pressions inflationnistes et par la guerre en Ukraine. Autre écueil : la politique zéro COVID de la Chine qui a entraîné l’économie du pays bien en deçà des estimations. Difficile de trouver un refuge dans un climat d’aversion au risque. En atteste la très mauvaise performance des bons du Trésor américain, pourtant considérés comme l’un des actifs les plus sûrs. La volatilité sur les marchés à revenu fixe a atteint des niveaux dignes d’une crise et elle est demeurée très élevée sur une grande partie de l’année. Cette tension s’est propagée aux autres classes d’actifs. Or, en raison de la corrélation importante entre les actions et les obligations, la diversification n’est pas parvenue à offrir une bonne protection face aux pertes des portefeuilles.

Le rythme effarant du durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale

L’année 2022 restera dans les annales comme celle de la fin de l’ère de politiques monétaires extrêmement accommodantes. Depuis la grande crise financière, les principales banques centrales avaient abaissé leurs taux d’intérêt à zéro, voire avaient maintenu des taux négatifs. Les investisseurs escomptaient bel et bien une hausse des taux d’intérêt et une réduction du bilan des autorités monétaires en 2022. Toujours est-il qu’ils n’étaient pas préparés à ce qu’il allait réellement advenir. En seulement quelques mois, la Réserve fédérale est passée d’une politique très accommodante à une politique restrictive. Les taux ont été relevés rapidement, d’abord de 0,25% en mars, puis de 0,75% quatre fois consécutives lors des réunions du FOMC tenues entre juin et novembre. La banque centrale américaine a donc relevé ses taux de 4,25% au total en 2022, pour atteindre une fourchette de 4,25% à 4,50%. D’autres grandes banques centrales ont suivi une trajectoire similaire, quoique pas au même rythme. Les décisions et annonces les plus récentes concernant les taux d’intérêt des principales autorités monétaires confirment leur position intransigeante et leur détermination à juguler l’inflation.

L’attention des investisseurs restera concentrée sur l’inflation et l’actualité géopolitique

La croissance du PIB devrait marquer le pas en 2023 et le risque que l’économie mondiale entre en récession est élevé.
Les prévisions de croissance concernant les États-Unis et l’Europe sont très faibles, quand elles ne sont pas négatives. Le rythme de la décélération de l’inflation et la trajectoire des hausses des taux d’intérêt seront des déterminants majeurs. La tâche des banques centrales à l’échelle mondiale est extrêmement ardue et les risques d’une erreur politique néfaste sont plus importants qu’à l’accoutumée. Les perspectives économiques pourraient néanmoins être soutenues par une réouverture adroite de l’économie chinoise. Des menaces importantes pèsent sur la scène géopolitique. Les sources de tensions à l’échelle mondiale sont nombreuses, mais l’on ne peut exclure la possibilité de bonnes nouvelles inattendues (sans pour autant retenir notre souffle).

Nous maintenons une allocation d’actifs prudente compte tenu du climat d’incertitude

Le durcissement des politiques monétaires a effacé certaines distorsions et certains excès observés les années précédentes sur les marchés. Les fondamentaux devraient avoir plus
d’importance alors que l’ère des taux d’intérêt bas touche à sa fin. Les valorisations de la plupart des classes d’actifs se sont redressées, mais les incertitudes demeurent sur de nombreux sujets. Malgré leur détérioration l’an dernier, les actions rencontrent toujours des difficultés. C’est ce qui explique, en grande partie, le maintien de notre surpondération en faveur des stratégies alternatives et le renforcement récent de notre exposition aux actifs à revenu fixe compte tenu d’un meilleur profil risque/rendement.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • REVUE DE NOS THÈMES D’INVESTISSEMENT 2022
  • SITUATION ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE EN 2022
  • LES MARCHÉS FINANCIERS EN 2022
  • PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES EN 2023
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS FINANCIERS EN 2023
  • ALLOCATION D’ACTIFS EN 2023

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Lettre mensuelle | Décembre 2022

LE DOLLAR INDEX A CONNU SON PLUS MAUVAIS MOIS DEPUIS SEPTEMBRE 2010

+ 26.6% LE REBOND DE L’INDICE HANG SENG EN NOVEMBRE

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Novembre a été un excellent mois pour les marchés, les actions et obligations ayant enregistré de fortes performances. Les actions des marchés émergents ont surpassé celles des pays développés avec un rebond massif des actions chinoises en raison d'un changement radical du sentiment des investisseurs à la suite du repli de fin octobre. L'indice MSCI EM a progressé de 14.6%, contre un gain de 5.5% pour l'indice MSCI World en devises locales. Ces gains ont été accompagnés d'un autre mois négatif pour le dollar US; la baisse mensuelle de 5% de l'indice du dollar a effectivement été la pire depuis septembre 2010, et cette tendance a contribué de manière significative à l'amélioration générale du sentiment du marché. La baisse des taux à long terme a représenté un autre facteur de soutien pour les actifs à risque; les rendements des bons du Trésor et des Bunds à 10 ans ont diminué de 44bps et 21bps pour atteindre respectivement 3.61% et 1.93%, entraînant une inversion prononcée des courbes de rendement. Les spreads de crédit et de la dette des marchés émergents ont continué à se contracter à un rythme rapide. Des fortes variations ont également été observées dans le secteur des matières premières, le prix de l'or ayant fortement progressé, tandis que les prix du pétrole ont chuté de plus de 6% en raison des craintes d'une contraction de la demande.

Comme en octobre, l'un des moteurs de la vigueur des marchés a été l'idée que la Réserve fédérale allait probablement ralentir le rythme de ses hausses de taux d'intérêt. La banque centrale US devrait augmenter ses taux de 0.5% lors de sa réunion de décembre, après une série de hausses de 0.75%. Le fait que les dernières données sur l'inflation aux États-Unis aient été inférieures aux attentes a contribué à l'optimisme du marché quant à l'orientation de la politique de la Fed. Le marché pourrait toutefois risquer de sous-estimer le taux final du « Fed fund », compte tenu de la grande résilience des marchés de l'emploi et du fait que la Fed voudra éviter de commettre une erreur en mettant fin prématurément à son cycle de hausse.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Le récent rebond des marchés d'actions a évidemment été le bienvenu pour les portefeuilles, mais nous sommes réticents à ajouter à notre allocation actuelle en actions et maintenons notre modeste sous-pondération. Selon nous, les marchés pourraient être trop confiants dans le fait que les banques centrales mettront bientôt fin à leur cycle de hausse. Le ralentissement économique à venir pourrait également s'accompagner d'une baisse de la croissance des bénéfices, les marges se contractant après avoir atteint des sommets, ce qui explique notre prudence.

D'autre part, nous pensons que les marchés obligataires offrent un rapport risque/récompense plus attractif à l'heure actuelle, et nous allons augmenter certaines de nos expositions. Les fonds crédit « Investment-grade » et les fonds ayant la flexibilité de gérer à la fois la duration et la qualité du crédit sont nos meilleurs choix actuels. Ces fonds peuvent être alloués à certains des segments les plus attractifs des marchés obligataires, telles que les obligations subordonnées de sociétés bien notées, le crédit et les finances d'entreprise, et les hybrides d'entreprise.

LES MARCHÉS SONT À RISQUE DE SOUS-ESTIMER LE NIVEAU TERMINAL DU TAUX FED FUND

 

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois de novembre a été porteur pour les portefeuilles grâce aux bons résultats des actions et aussi des marchés obligataires. Les meilleures contributions ont été fournies par les actions chinoises et émergentes, les sociétés minières, le fonds valeur européen, les obligations d'entreprises des marchés émergents, le fonds technologique et les obligations «Investment grade» ayant une longue duration. Pour les portefeuilles exposés à l'or, le mois s'est avéré fructueux puisque le métal jaune a grimpé de 8.3%, en raison de la baisse des taux réels et de la faiblesse du dollar. Le nombre de détracteurs a été faible. La dépréciation du dollar a nui aux portefeuilles non libellés en USD, tout comme la baisse de la stratégie CTA de suivi de tendances, des petites capitalisations américaines et du fonds multithématique.

Nous avons beaucoup apprécié le rebond massif de notre fonds d'actions chinoises en novembre. Dans la lettre du mois dernier, nous avions souligné les raisons pour lesquelles nous pensions qu'il était toujours judicieux d'être exposé aux actions chinoises, et la récente hausse montre à quel point il peut être difficile de prévoir les mouvements. Elle démontre également comment le sentiment continue de guider les marchés, l'évolution de la politique de la Chine en matière de Covid vers un assouplissement de certaines restrictions ayant contribué à stimuler ce sentiment.

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Lettre Mensuelle | Novembre 2022

LES ACTIONS DES MARCHÉS DÉVELOPPÉS ONT REBONDI, À L’INVERSE DES ACTIONS CHINOISES

+ 7.1% LA PERFORMANCE DE L’INDICE MSCI WORLD EN OCTOBRE

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Après un mois de septembre épouvantable, le mois d'octobre a apporté un soulagement bienvenu aux investisseurs grâce à un rebond des actions des marchés développés. L'un des principaux moteurs de ce rebond a été la per-ception que les principales banques centrales pourraient se rapprocher d'un ralentissement du rythme de leurs hausses de taux, à la suite des décisions de la Banque du Canada et de la Banque d'Australie de relever les taux d'intérêt moins que prévu. La hausse des actions s'est accompagnée d'une pause du rallye du dollar, d'un resserrement des spreads de crédit et d'un déplacement vers le haut de la courbe des taux US. Une sous-performance significative des actions des marchés émergents a également été observée, puisqu'elles ont enregistré une baisse mensuelle, en grande partie à cause de la chute des ac-tions chinoises. En termes de style d'investissement, la valeur a surpassé la croissance, et l'énergie a été le secteur le plus performant, soutenu par la hausse des prix du pétrole. Le mois d'octobre a également été marqué par un retour au calme bienvenu pour les actifs britanniques, après le remplacement de Liz Truss, qui est devenue la première ministre britannique le moins long-temps en poste, par l'ancien chancelier Rishi Sunak. La courbe des taux UK s'est sensiblement déplacée vers le bas, les rendements des Gilt à 2 ans et à 10 ans diminuant respectivement de 95 et 58 points de base, tandis que la livre a récupéré une partie de ses pertes récentes.

Avec plus de 80% de la capitalisation boursière du S&P 500 ayant publié leurs résultats, les bénéfices ont dépassé les estimations de 3.6%, 66% des sociétés ayant dépassé les projections. La croissance des bénéfices par action devrait atteindre 5.9%, en supposant que le taux de progression actuel se maintienne pour le reste de la saison. Même si le taux de surprises positives est inférieur à celui des trimestres précédents, les résultats des entreprises ont soutenu les marchés boursiers dans leur ensemble. Ce qui est assez frappant, c'est que ces marchés ont continué à progresser même si les cours de certains géants américains, dont Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta, ont été lourdement impactés par une série de résultats décevants.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

À l’heure de rédiger ces lignes, la Réserve fédérale vient de remonter ses taux d’intérêt de 0.75%, comme anticipé. Le ton de la conférence de presse de Jay Powell, le président de la Fed, était cependant moins attendu ; les marchés d'actions avaient grimpé en supposant que la Fed pourrait approcher la fin de son cycle de hausse et pourrait même baisser ses taux en 2023. Powell a clairement indiqué que la Fed avait encore du pain sur la planche et que les taux d'intérêt réels devaient devenir positifs. Il a aussi suggéré que les attentes des marchés relatives aux futurs taux des Fed funds étaient trop optimistes. Nous ne pensions pas que la Fed deviendrait moins restrictive, ce qui explique pourquoi nous n'avons pas augmenté notre exposition aux actions. En raison du ralentissement de l'économie mondiale, des politiques monétaires restrictives et du risque de baisse des bénéfices, nous avons maintenu notre sous-pondération aux actions.

Le mois dernier a été décevant pour les actions chinoises, mais nous continuons de penser qu'une exposition au pays reste judicieuse malgré les vents contraires actuels. Des valorisations trop bon marché, une sous-pondération significative des investisseurs étrangers et la perspective de soutiens fiscaux ne sont que quelques-unes des principales raisons pour lesquelles nous restons investis.

LES MARCHÉS AVAIENT À NOUVEAU FONDÉ LEURS ESPOIRS SUR DES BANQUES CENTRALES MOINS RESTRICTIVES

 

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois d'octobre a été positif pour les portefeuilles grâce au rebond des actions des marchés développés. Les fonds Value américains et européens, les actions des sociétés minières, le fonds sur la santé et les petites capitalisations US ont fourni les meilleures contributions. Les gains des portefeuilles ont toutefois été fortement entamés par l'exposition aux actions chinoises et à celles des marchés émergents et frontières. La contribution globale des titres à revenu fixe a été négative en raison des baisses de la dette des marchés émergents et du fonds « Investment-grade » avec une longue duration, même si les obligations convertibles ont généré des performances positives. La contribution globale des stratégies alternatives a été neutre, le fonds L/S US Small Cap récemment ajouté con-tinuant à bien se comporter.

Pour les portefeuilles non libellés en USD, la dépréciation du dollar américain a été un facteur défavorable. En octobre, nous avons ajouté un fonds d'obligations à haut rendement à notre liste de fonds approuvés. La particularité de ce fonds est qu'il est géré selon une approche à maturité fixe, le fonds expirant à la fin de 2026. Cette approche est plus défensive que celle d'un fonds obligataire traditionnel, car les facteurs de risque diminuent avec le temps. Nous pensons que les prochains mois pourraient offrir un bon point d'entrée pour cette stratégie, si les spreads de crédit devaient s'écarter davantage.

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Lettre Mensuelle | Octobre 2022

LES MARCHÉS ONT ÉTÉ MALMENÉS PAR L’INFLATION ET LES BANQUES CENTRALES

1.033 LA LIVRE STERLING PLONGE À UN NIVEAU RECORD FACE AU DOLLAR

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

L'optimisme des investisseurs au début de septembre a rapidement cédé la place à une forte anxiété en raison de données d'inflation supérieures aux attentes et de banques centrales plus restrictives. Dans un scénario souvent observé cette année, les courbes de rendement se sont fortement redressées et les marchés d'actions ont chuté. L'indice MSCI World en devises locales a baissé de 8.5%, les actions US et des pays émergents ayant sous-performé et celles d'Europe un peu mieux résisté. La hausse des rendements a été brutale, et les principaux indices obligataires ont chuté entre 3% et 5% ; les bons du Trésor à 2 ans ont vu leurs taux augmenter de 76bps pour terminer le mois de septembre à 4.2%, et ceux à 10 ans de 64bps pour atteindre 3.8%. Les mouvements sur la dette souveraine britannique ont été encore plus spectaculaires ; les rendements des Gilts à 2 ans et à 10 ans ont bondi respectivement de 122 et 129bps, les marchés ayant mal réagi aux nouvelles politiques fiscales du gouvernement britannique. L'appréciation du dollar US s'est accélérée au cours du mois, le yen japonais et la livre sterling se trouvant soumis à une pression vendeuse particulièrement forte ; pour la première fois depuis 1998, le Japon est intervenu sur le marché des changes afin de soutenir sa monnaie, et il a fallu une déclaration d'urgence de la Banque d'Angleterre pour aider la livre à récupérer une partie de ses pertes.

Comme attendu, la Réserve fédérale a relevé ses taux d'intérêt de 0.75% en septembre pour les porter dans une fourchette de 3% à 3.25%. Son président, Jerome Powell, a également délivré un message plus restrictif, indiquant que d'autres fortes hausses seraient annoncées lors des prochaines réunions, conduisant à un taux de 4.5% fin 2022. La BCE a également augmenté ses taux de 0.75% le mois passé, et les marchés s’attendent désormais à ce que la BCE augmente encore ses taux de 1.25% d'ici la fin de l'année pour atteindre un niveau de 2%. Les marchés prévoient aussi que le taux directeur de la BCE sera porté à environ 3% en 2023, une augmentation significative des attentes par rapport à il y a seulement quelques semaines.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

À la suite de la réduction de notre exposition aux actions le mois dernier, nous n'avons pas modifié notre allocation en septembre, les classes d'actifs actions et obligations restant sous-pondérées. En revanche, les stratégies alternatives sont surpondérées et ont contribué à préserver le capital dans des conditions de marché difficiles et à limiter une partie de la volatilité des marchés. Nous estimons que les marchés ont encore du mal à évaluer correctement la trajectoire des resserrements monétaires, et que l'instabilité des marchés obligataires continue d'avoir un impact négatif sur toutes les autres classes d'actifs. La force persistante du dollar US est un autre facteur qui empêche tout rebond significatif des marchés d'actions. Compte tenu du niveau d'incertitude très élevé sur des questions clés, notamment les risques géopolitiques, la hausse des taux d'intérêt, l'inflation, les devises et la croissance économique chinoise, la visibilité demeure extrêmement limitée et les prévisions sont de peu d'utilité. 

Dans cet environnement, nous essayons de filtrer le bruit à court terme et préférons investir sur le long terme, sans es-sayer d'anticiper le marché. Nous continuons de croire que les portefeuilles bien diversifiés sont le meilleur moyen de naviguer dans l'environnement de marché actuel. 

LA VOLATILITÉ DU MARCHÉ DEVRAIT RESTER ÉLEVÉE À COURT TERME

 

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois de septembre a été brutal pour les portefeuilles, les actions et les obligations ayant enregistré de fortes baisses. Les stratégies alternatives ont nettement surperformé les fonds traditionnels et, pour les portefeuilles non libellés en USD, l'exposition au dollar a contribué de manière positive. La stratégie CTA a généré la seule contribution positive, alors que les autres hedge funds ont bien résisté. Les principaux détracteurs ont été le fonds d'actifs réels, durement touché par la hausse des taux, les actions chinoises et des pays émergents, le fonds technologique global, ainsi que divers fonds « Value ». Du côté obligataire, les fonds d’emprunts d’États à longue duration bien notés et la dette émergente ont connu les pires résultats, tandis que les fonds de crédit avec une certaine flexibilité ont réussi à bien surperformer leurs indices de référence et à limiter l'impact des fortes baisses du marché.

En septembre, nous avons vendu un de nos fonds japonais par mesure de gestion du risque, en raison de la baisse des actifs du fonds. Pour certains portefeuilles, nous l’avons rem-placé par un fonds long/short récemment approuvé, axé sur les petites et moyennes capitalisations US. Ce fonds a une ex-position nette longue très faible et présente un faible niveau de corrélation avec le marché. À une époque où les marchés d'actions sont très volatils et où la dispersion est importante, ce type de stratégie offre une source différenciée de performance et de diversification au sein des portefeuilles.

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Lettre mensuelle | Septembre 2022

JEROME POWELL RÉDUIT LES ESPOIRS D’UN PIVOT PRÉCOCE VERS DES BAISSES DE TAUX

3.9% LE PIC ANTICIPÉ DU TAUX DIRECTEUR DE LA FED REMONTE À NOUVEAU

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Le sentiment positif observé sur les marchés depuis la mi-juin a pris fin au cours du mois d’août. Les marchés d'actions ont résisté à la remontée des rendements obligataires dans un premier temps, mais ont ensuite abandonné tous leurs gains pour terminer le mois en nette baisse ; l'indice MSCI World en devises locales a chuté de 3,6%, les actions européennes ayant sous-performé et les actions des pays émergents ayant mieux résisté. La hausse des rendements obligataires a été brutale, la dette souveraine européenne ayant été la plus touchée ; les rendements du Bund à 2 ans ont grimpé de 92 points de base pour terminer le mois d'août à 1,18%, et ceux à 10 ans de 73 points de base. L'ampleur de ces mouvements s'est traduite par une perte mensuelle de 4,9% de l'indice Euro Broad Investment-Grade, entraînant ainsi une baisse de 12,9% depuis le début de l'année. La forte corrélation entre les marchés obli-ataires et les marchés d'actions reste bien ancrée et le discours de Jerome Powell à Jackson Hole n'a fait que renforcer cette relation. Le mois d'août a également vu le dollar américain s'apprécier fortement, les investisseurs se tournant vers l'une des seules valeurs refuges restantes.

Le discours de Jerome Powell à Jackson Hole était très attendu par les investisseurs. Le président de la Fed a parlé pendant moins de dix minutes, mais cela a été suffisant pour déclencher une baisse importante des marchés boursiers, l'indice S&P 500 perdant 3,4%. M. Powell a souligné la détermination de la banque centrale à relever les taux d'intérêt pour juguler l'inflation. Il a déclaré que la Fed "doit continuer jusqu'à ce que le travail soit fait" et que cela entraînerait "une certaine douleur pour les ménages et les entreprises". Il a repoussé l’idée que le relèvement des taux serait suivi par une réduction peu après. Les investisseurs se préparent également à ce que la Banque centrale européenne se montre plus restrictive. Les marchés s’attendent à ce que la BCE relève ses taux d’un demi-point de pourcentage lors de sa prochaine réunion du 8 septembre, certains membres de la banque poussant même à une hausse plus agressive de 0,75%.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Lors de notre dernier comité d'investissement, nous avons décidé de réduire notre allocation aux actions à sous-pondérée. Le fort rallye estival des actions a été l'occasion de sortir certaines de nos positions à des niveaux plus élevés, dans le but d'augmenter le niveau de liquidités et de contenir une partie de la volatilité des portefeuilles. Nous avons surtout, mais pas exclusivement, agi sur les positions européennes car l'Europe reste la région la plus fragile. La crise de l'énergie, les pressions inflationnistes et le risque croissant de récession nous ont incités à devenir plus prudents, d'autant plus que le récent rallye a rapidement perdu de son élan. Le niveau d'incertitude sur de nombreuses questions reste élevé et, dans certains cas, représente un risque binaire trop im-portant. Le niveau plus élevé de liquidité nous donnera plus de flexibilité pour reconstruire des positions si les marchés d'actions devaient corriger dans les mois à venir.

Les marchés obligataires doivent également encore trouver un niveau d'équilibre. Le message envoyé par Jerome Powell signifie qu'il est plus probable que les rendements continuent de grimper et de constituer un vent contraire pour les prix des actions. Tant que les marchés obligataires resteront aussi volatils, il sera difficile pour les autres classes d'actifs de se stabiliser.

NOUS AVONS RÉDUIT NOTRE ALLOCATION EN ACTIONS SUITE AU REBOND DE L’ÉTÉ

 

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Après un bon départ, le mois d'août s'est avéré négatif pour les portefeuilles. Les marchés d'actions et d'obligations ayant affiché des performances négatives, seul un nombre limité de positions a terminé le mois d'août en territoire positif. Les meilleures contributions ont été apportées par les actions des marchés frontières, le fonds de valeurs minières, la stratégie CTA de suivi de tendance, les obligations et actions des marchés émergents, ainsi que les fonds d'obligations à haut rendement. Les petites capitalisations européennes et les autres fonds d'actions européennes, le fonds technologique global et le fonds de dette souveraine européenne, en raison de sa longue duration, ont été les principaux détracteurs des portefeuilles. Pour les portefeuilles non libellés en USD, l'ex-position au dollar américain a été un contributeur positif.

Malgré les performances négatives observées sur la plupart des marchés en août, il a été rassurant de constater que les marchés émergents et frontières ont produit des rendements positifs. A l'heure où il est difficile de trouver des actifs moins corrélés, la large diversification au sein des portefeuilles per-met de bénéficier de ces différentes tendances. Le fait que les autorités chinoises stimulent leur économie alors que les marchés développés sont confrontés à des conditions plus restrictives explique ce contraste en termes de performance des marchés.

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Lettre mensuelle | Août 2022

LES ACTIONS GLOBALES ONT REBONDI TANDIS QUE LES TAUX LONGS SE SONT FORTEMENT REPLIÉS

3.4% LE PIC ANTICIPÉ DU TAUX DIRECTEUR DE LA FED

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Après un mois de juin torride pour les marchés d'actions et d'obligations, le mois de juillet a ressemblé à un mois miroir puisque les deux classes d'actifs ont très bien performé. En fait, le rebond des marchés avait déjà commencé en juin, lorsque les attentes relatives au taux directeur terminal de la Réserve fédérale et les rendements ont atteint un sommet. La baisse des rendements, conjuguée à la publication de résultats pour le 2ème trimestre globalement rassurants, a permis aux marchés d'actions de générer des gains importants, l'indice MSCI World en devises locales progressant de 7,9%. Les actions US ont surperformé, en particulier les valeurs de croissance, tandis que les marchés émergents ont sous-performé, en grande partie en raison de la faiblesse des actions chinoises. Le recul des rendements obligataires s'est poursuivi à un rythme rapide ; les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont baissé de 0,36% pour terminer le mois à 2,65%, et les rendements équivalents du Bund ont baissé de 0,52% à 0,81%. Les spreads de crédit se sont également resserrés de manière significative, tandis que l'appréciation du dollar américain s'est arrêtée, du moins temporairement, vers le milieu du mois.

Avec plus de 75% de la capitalisation boursière du S&P 500 ayant publié leurs résultats, les bénéfices ont dépassé les estimations de 4,7%, 71% des sociétés ayant dépassé les projections. La croissance des bénéfices par action est sur le point d'atteindre 9,8%, en supposant que le taux de progression actuel soit maintenu pour le reste de la saison. Même si le taux de surprises positives a été légèrement inférieur à celui des trimestres précédents, les résultats des entreprises peuvent être qualifiés de solides dans l'ensemble, et les prévisions ont eu tendance à être constructives. Les investisseurs ont réagi positivement à la publication des résultats des géants tels qu'Apple, Amazon, Alphabet et Microsoft, ce qui a encore renforcé le rallye des marchés. La conférence de presse de la FED à l'issue de la réunion du FOMC de fin juillet a constitué un autre facteur de soutien pour les actions ; le président Powell a suggéré que les taux US étaient proches de leur niveau neutre, de sorte que le moment était venu pour la FED de passer à une stratégie de dépendance aux données.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Dans notre récente revue semestrielle, nous écrivions : "Nous estimons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte et que les marchés sont excessivement déprimés ". Bien que nous n’avions pas anticipé un tel rallye des actifs risqués en juillet, cela montre à quel point les marchés sont devenus inconstants et à quelle vitesse ils peuvent se retourner. Cela montre aussi que de couper des positions lorsque le sentiment de marché est au plus bas peut s'avérer très coûteux. Les données historiques suggèrent que les gains des actions au cours des deux années qui suivent une chute du marché de 20% (« bear market »), sont généralement bien supérieurs à la moyenne. Cela explique largement pourquoi nous investissons à long terme et ne cherchons pas à anticiper le marché. Nous sommes convaincus qu'un portefeuille bien diversifié est le meilleur moyen de naviguer dans les conditions actuelles, d'où notre positionnement.

Comme beaucoup, nous avons été stupéfaits par la vitesse à laquelle certaines tendances du marché ont changé cette an-née. Cela reflète un niveau d'incertitude extrême qui a entraîné des mouvements de prix exagérés. Il est encore trop tôt pour croire que nous avons atteint un point d'équilibre après ces violentes fluctuations, et il faut donc toujours s'attendre à de la volatilité au cours des mois à venir.

DES RÉSULTATS D’ENTREPRISES RASSURANTS ONT PERMIS AUX MARCHÉS DE RETROUVER UNE CERTAINE SÉRÉNITÉ

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois de juillet a été très positif pour les portefeuilles, la grande majorité des stratégies ayant produit des gains. Les meilleures contributions ont été générées par les fonds multithématiques et technologique, les petites capitalisations européennes, les actions US, le fonds Medtech & Services, ainsi que les actions européennes et japonaises. La classe d'actifs à revenu fixe a également contribué positivement, grâce à la baisse des taux longs et au resserrement des spreads de crédit. Les actions chinoises, la stratégie de suivi de tendances et les actions L/S ont été les principaux détracteurs des portefeuilles ; la baisse de la stratégie de suivi de tendances en juillet était prévisible compte tenu de l'inver-sion de certaines tendances bien ancrées. Pour les portefeuilles non libellés en USD, l'exposition au dollar US a également contribué à la performance.

En juillet, nous avons réduit l'une de nos stratégies les plus orientées vers la croissance au profit de stratégies plus défensives. Nous avons effectivement augmenté l'allocation aux actifs réels et aux stratégies d'actions stables. L'objectif de ces mouvements est de réduire une partie de la volatilité du portefeuille et d'augmenter l'exposition aux entreprises moins cycliques et aux actifs offrant un niveau de protection plus élevé contre l'inflation.

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Perspectives 2022 | Analyse semestrielle et prévisions

Synthèse

L’économie tourne brusquement au ralenti et la visibilité fait défaut

L’économie mondiale connaît un ralentissement. Les prévisions de croissance du PIB du début d’année ont été significativement revues à la baisse. Guerre en Ukraine, confinements en Chine, perturbations des chaînes d’approvisionnement et politiques monétaires restrictives, autant de facteurs qui ont ébranlé l’activité économique et brisé les espoirs d’une reprise post-COVID solide et inscrite dans la durée. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est venue exacerber des tensions créées par la pandémie, notamment des goulets d’étranglement en matière d’approvisionnement et le net renchérissement de nombreuses matières premières. Les pressions inflationnistes se révèlent bien plus persistantes qu’anticipé par les banques centrales. La Banque mondiale prévoit désormais une croissance mondiale de 2,9 % seulement en 2022, contre une estimation de 4,1 % il y a six mois. Les difficultés pour l’économie sont encore plus nombreuses qu’escompté en début d’année et les risques de récession continuent à croître.

Le durcissement des conditions financières va se prolonger

Les banques centrales sont revenues il y a peu à une politique franchement plus restrictive. Et les marchés d’anticiper le cycle de resserrement le plus agressif et synchronisé depuis l’ère Volcker au début des années 1980. Elles ont mis du temps à réaliser que leurs prévisions d’inflation étaient manifestement erronées et s’évertuent désormais à se rattraper. Les rendements des obligations souveraines des pays du G-7 ont grimpé à un rythme sans précédent. Une augmentation des rendements était certes anticipée, mais la vitesse du revirement monétaire des banques centrales, Réserve fédérale américaine en tête, a secoué les marchés. En janvier, ceux-ci tablaient seulement sur trois hausses des taux de la Fed de 0,25 % en 2022, pour atteindre 0,75 %. Un mois plus tard, les relèvements à intégrer étaient au nombre de cinq, à 1,25 %, niveau revu à la hausse à 2,5 % dès mars ! Les prévisions actuelles concernant les taux des Fed funds à fin 2022 sont proches de 3,5 % et le taux définitif devrait s’établir à 4 % en 2023. Les marchés ont aussi modifié leurs prévisions concernant la BCE. Aucune hausse des taux directeurs n’était attendue pour 2022 en janvier ; leur chiffre est désormais porté à cinq à la date de rédaction, pour atteindre 1 % fin 2022.

Les marchés financiers demeureront vraisemblablement volatils au deuxième semestre

Le premier semestre 2022 a eu l’effet d’une douche froide pour les marchés d’actions et obligataires. Les sociétés ont enregistré des résultats solides au premier trimestre et les bénéfices à venir semblent prometteurs jusqu’ici. Et pourtant, les actions ont chuté en réponse au durcissement de ton des grandes banques centrales. La détérioration des valorisations, tendance observée depuis fin 2020, s’est poursuivie en 2022, car les résultats en progression s’accompagnent de cours en baisse. Les augmentations des rendements de la dette souveraine se sont accélérées et les spreads de crédit se sont considérablement écartés. Les grands indices obligataires accusent une baisse d’environ 15 %, une chute vertigineuse pour cette classe d’actifs. Les investisseurs doivent constamment revoir leurs attentes concernant la politique des principales banques centrales, d’où une volatilité importante. Compte tenu du degré élevé d’incertitude, liée à une conjoncture économique et géopolitique délicate, les marchés financiers devraient rester volatils à court terme.

Le positionnement des portefeuilles est désormais plus défensif

Notre portefeuille se veut à présent plus défensif. L’allocation en actions est neutre, nous sommes surexposés aux stratégies alternatives et sous-exposés aux actifs à revenu fixe, classe dont le niveau de duration est par ailleurs faible. Pour les portefeuilles non libellés en USD, la position sur le dollar américain a été renforcée, dans une optique défensive. Notre exposition aux actions reste bien diversifiée et certaines stratégies axées sur les valeurs de croissance ont été remplacées par des stratégies plus défensives. Cet arbitrage s’est révélé fructueux à ce stade. Nous estimons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte et que les marchés sont excessivement déprimés. Dans cette conjoncture, les stratégies plus défensives devraient continuer à surperformer. Il s’agit des sociétés moins exposées aux variations cycliques de l’économie, des actifs réels, du secteur de la santé, des titres « value » et de croissance de qualité. Nous apprécions également la décorrélation des actions des marchés frontières, d’autant que leurs valorisations n’ont rien perdu de leur attrait. Dans la section suivante, nous analyserons l’environnement macroéconomique et les conditions financières actuelles à partir de plusieurs indicateurs clés qui nous servent de marqueurs. Nous ferons tout d’abord le point sur la rentabilité des différentes classes d’actifs au premier semestre avant de présenter nos prévisions pour le marché et notre allocation d’actifs.

 

Sommaire

  • SYNTHÈSE
  • L’ENVIRONNEMENT MACROÉCONOMIQUE
  • LES CONDITIONS FINANCIÈRES
  • LES MARCHÉS FINANCIERS
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS
  • ALLOCATION D’ACTIFS POUR LE 2e SEMESTRE 2022

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Lettre mensuelle | Juin 2022

LES ACTIONS GLOBALES ONT REBONDI DANS UN CONTEXTE DE SENTIMENT DE MARCHÉ TRÈS DÉPRIMÉ

$ 600 Mds LE NIVEAU ANTICIPÉ DES RACHATS D’ACTIONS AU 1ER SEMESTRE 2022

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Le mois de mai a été un archétype de mois en deux parties pour la plupart des classes d'actifs. Les actions mondiales ont d'abord poursuivi leur tendance baissière du début d'année avant de connaître un rebond spectaculaire. Cela a permis aux principaux indices d'enregistrer des performances mensuelles étales, même si les indices « croissance » et de petites capitalisations n'ont pas été en mesure de rattraper toutes leurs pertes du début du mois. Les ren-dements des bons du Trésor US ont continué de grimper rapidement jusqu'au 6 mai, avant de redescendre d'un pic de 3,2% pour terminer le mois à 2,84%. Il aura fallu plus de temps pour que les spreads de crédit commencent à se contracter mais, là encore, le mouvement a été rapide, pour les obligations à haut rendement US en particulier. Le dollar américain a terminé le mois de mai sur une note beaucoup plus faible après avoir atteint un pic pluriannuel. La tendance qui a été persistante est l'appréciation des prix de la plupart des matières premières. Avec l'accord de l'UE sur de nouvelles sanctions contre la Russie sous la forme d'un embargo pétrolier partiel, les prix du pétrole ont grimpé de près de 10% en mai ; les faibles attentes concernant une nouvelle augmentation de la production de l'OPEP et l'anticipation d'une reprise de la demande en Chine ont également contribué à cette hausse.

Le niveau élevé d'incertitude sur de nombreux sujets continue de peser sur les marchés et sur leur sentiment. Cela a conduit certains indicateurs bien suivis, tels que l'indice Fear & Greed et l'indice AAII Bull/Bear, à toucher des niveaux extrêmement bas. D'un point de vue contrariant, de tels niveaux déprimés précèdent souvent un rebond des actions et cela s'est avéré être encore une fois le cas en mai. Compte tenu du pessimisme qui plane sur les marchés, le secteur des entreprises représente un point positif. Cela est reflété par les importants achats d'actions par les directions des sociétés, ainsi que par une augmentation des rachats de titres par rapport aux niveaux records observés les années précédentes. Le sentiment des entreprises américaines demeure optimiste en ce qui concerne la demande, même si les problèmes de chaîne d'approvisionnement et de prix restent les plus grandes préoccupations.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Certains mouvements récents pourraient indiquer que les marchés ont déjà intégré bon nombre de nouvelles négatives et sont peut-être devenus trop pessimistes. Si l'on considère les baisses moyennes historiques des actions US, la dernière correction a dépassé la moyenne des baisses en l’absence de récession, selon la recherche quantitative de JPMorgan. Le repli actuel représente environ 75% de la baisse moyenne observée pendant des récessions et, si une récession était évitée, le positionnement actuel du marché pourrait bien s'avérer trop défensif. Cela se reflète dans la prime presque record des secteurs défensifs américains par rapport aux secteurs cycliques. Plutôt que d'adopter une position défensive aussi asymétrique, notre allocation en actions demeure bien diversifiée en termes de styles d'investissement, de régions, de secteurs et de capitalisations boursières.

Le mois dernier, nous avons assisté à une pause de la hausse des rendements obligataires américains ainsi qu'à un recul des attentes quant au taux directeur de la Fed à la fin 2022. Si ces attentes devaient se stabiliser autour des niveaux actuels, cela pourrait apporter un certain soutien aux marchés.

LES MARCHÉS RESTENT VOLATILS EN RAISON DES CRAINTES DE RÉCESSION ET D’UNE INFLATION PERSISTANTE

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois de mai a été négatif pour les portefeuilles. Malgré des performances mensuelles étales de nombreux indices, plusieurs de nos stratégies axées sur la croissance ont baissé. Les actions japonaises, le fonds multithématique, les petites capitalisations US et les actions des marchés frontières ont été parmi les principaux détracteurs. Les fonds « Value », les actions chinoises, la stratégie actions L/S ainsi que le fonds technologie ont amené des contributions positives. La plu-part des positions obligataires ont terminé avec des pertes limitées, les taux US ayant commencé à se stabiliser et les spreads de crédit s'étant contractés en fin du mois. Pour les portefeuilles non libellés en USD, l'exposition au dollar US a été un détracteur.

Nous avons récemment assisté à un événement au cours du-quel de nombreux gestionnaires de fonds ont présenté leurs stratégies. Alors que les gestionnaires d'actions avaient ten-dance à rester incertains quant à l’évolution des marchés d'actions, les gestionnaires d'obligations se sont montrés plus optimistes. Après un écartement considérable des spreads, le consensus était que le marché offre désormais de bonnes opportunités, compte tenu d'un portage beaucoup plus élevé et de fondamentaux solides. Ils ont également souligné le fait que les besoins de refinancement restent très faibles, la plu-part des entreprises ayant profité des taux bas record de ces dernières années pour renforcer leurs bilans.

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Lettre mensuelle | mai 2022

LES OBLIGATIONS GLOBALES ONT CONNU LEUR PLUS FORTE BAISSE MENSUELLE

- 13.3% UN MOIS D’AVRIL TORRIDE POUR L’INDICE NASDAQ COMPOSITE

 

PERSPECTIVES D’INVESTISSEMENT

Le mois d'avril a été brutal pour les marchés financiers. Dans un contexte où la hausse des rendements obligataires s’est poursuivie à un rythme rapide et où l’appréciation du dollar américain s’est accélérée, les marchés d’actions et obligataires ont tous deux fortement baissé. L'indice MSCI World en devises locales a plongé de 7 %, en raison surtout de la faible performance des actions US. L'indice Bloomberg Global-Aggregate Total Return, un indice obligataire large, a perdu 5,5% et a enregistré sa plus forte baisse mensuelle depuis sa création en 1990. Les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont augmenté de 60bps pour terminer le mois d'avril à 2,94%, et les rendements des Bunds à échéance similaire sont passés à 0,94%, soit une augmentation de 39bps ; le crédit et la dette des marchés émergents ont également été affectés par un écartement de leurs spreads. La force du dollar américain s'est traduite par une dépréciation de 4,7% de la parité EUR/USD à 1,055, un niveau observé pour la dernière fois il y a plus de cinq ans.

Les principaux moteurs des marchés en avril ont été l'attitude de plus en plus restrictive de la Réserve fédérale, ainsi que la publication des résultats du 1er trimestre. Les marchés tablent désormais sur une hausse des taux de 0.5% en mai, et des hausses de même ampleur devraient également être annoncées lors des réunions suivantes. Plus de 80% de la capitalisation boursière du S&P 500 ayant rapporté leurs résultats, ceux-ci dépassent les attentes de 6,5% et 77 % des entreprises surpassent les prévisions. Ces résultats solides n'ont pas empêché les actions américaines d'être malmenées en avril. Certaines valeurs vedettes de ces dernières années, qui avaient largement contribué à la forte surperformance des actions américaines relativement à d'autres régions, ont subi une dévalorisation importante. Les investisseurs ont sanctionné des entreprises à forte croissance telles que Netflix, qui a vu ses abonnés chuter pour la première fois en dix ans. Une baisse des prévisions de vente de la part d'Amazon, des contraintes d'approvisionnement pour Apple et des bénéfices décevants de la part d'Alphabet ne sont que quelques-unes des raisons de la mauvaise performance des actions de ces sociétés en avril.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

Nous maintenons l'allocation actuelle de nos portefeuilles dans un contexte de marché très déprimé. L'indice « Fear & Greed » est en territoire de peur, tandis que l'indice AAII Bull/Bear affiche le plus haut niveau de pessimisme depuis mars 2009. Les investisseurs restent confrontés à un niveau d’incertitude très élevé sur un certain nombre de facteurs, et les marchés sont devenus trop réactifs et enclins à de fortes fluctuations. À l'heure où nous écrivons ces lignes, la Réserve fédérale vient de procéder à une hausse de 0.5% de son taux de référence, comme prévu, mais les actions US ont grimpé de 3% après que Jerome Powell a exclu la possibilité d'une hausse de 0.75% lors d'une réunion ultérieure. Cette réaction semble exagérée mais reflète le niveau actuel de bruit dans les marchés et nous préférons investir à long terme plutôt que de réagir à ces mouvements quotidiens.

Le mois d'avril a été un autre mois très difficile pour les actifs obligataires, mais nous pourrions approcher un point où les perspectives paraissent plus favorables pour la classe d'actifs. Une grande partie de l'ajustement des taux sans risque a déjà eu lieu, compte tenu du resserrement anticipé des banques centrales, et les perspectives du crédit restent favorables.

DU FAIT D’UN SENTIMENT DÉPRIMÉ, LES MARCHÉS POURRAIENT REBONDIR À COURT TERME

ACTIVITÉ DES PORTEFEUILLES / NOUVELLES

Le mois d'avril aura été négatif pour les performances des portefeuilles. Les classes d'actifs en actions et en obligations ayant enregistré des pertes mensuelles, l'environnement de marché s'est avéré très difficile. Les principaux détracteurs ont été le fonds multi-thématique, les petites capitalisations américaines, le fonds technologique, les actions japonaises et chinoises, et les petites capitalisations européennes. Le fonds d'actions mondiales récemment ajouté, investissant dans des sociétés aux rendements stables, a bien résisté, tout comme certaines expositions aux marchés émergents. Dans la classe d'actifs obligataires, les pertes de nos expositions ont généralement été inférieures à celles de leurs indices de référence, même si le fonds à duration plus longue a évidemment été durement impacté par la hausse rapide des taux.

Sur une note plus optimiste, les stratégies alternatives ont continué à bien se tenir et à remplir leur rôle de diversification au sein des portefeuilles. Plusieurs « hedge funds » ont apporté des contributions positives, en particulier la stratégie CTA de suivi de tendance, grâce à son importante exposition courte aux taux. Pour les portefeuilles non libellés en USD, l'appréciation du dollar américain a également contribué positivement à la performance.

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